Les 24 heures de Saint-Fons 2009
Saint-Fons, c’est l’occasion pour moi de participer pour la seconde fois à un « 24 heures », après
Arcueil en 2007. Le premier essai m’avait laissé un petit goût d’inachevé, certes, j’étais satisfait des 176.2 km réalisés, mais à quel prix ! Une semaine d’arrêt de travail pour cause
d’hématomes aux deux pieds, impossible de me déplacer…
Cette année, je décide de programmer ce double tour d’horloge assez tôt dans le calendrier, j’ai opté pour une saison « plate », sous-entendu « sans dénivelé » (ce qui ne veut pas dire sans trail non plus), et donc la préparation de
St Fons me servira également de socle à la préparation du Grand Raid du Morbihan en juin qui, s’il reste un trail, est assez favorable aux
circadiens.
A part le Raid 28 mi-janvier
(avec mes compères de "Trail Aventures"), je n’ai fais aucune compétition en 2008. J’ai bien participé aux 6 heures
« Off » de Champagne organisé par B.Heubi (66.096 km), mais toujours en mode « entraînement ». L’objectif est d’arrivé
« frais » à Saint-Fons.
L’objectif principal est clair : 200 km à atteindre. Alors c’est vrai que j’ai gradué tout cela :
moins de 180, je serais déçu, 180-190, content, 200 : le rêve. Et puis, j’ai proposé à ma femme un resto différent à chaque marque, plus il y
aura de km, plus on monte en gamme dans le resto.
Le déplacement se fait en compagnie de Marc Etiemble (dossard N°16), qui sera assisté de son frère Fred (et qui
pour le coup, mille mercis à lui, va m’assister aussi). Marc est un coureur d’un très bon niveau, avec par exemple un record sur marathon de 2h31, 1h11 sur semi, 7h48 sur 100km, bref il dépote.
Sauf que depuis 2001, il est devenu diabétique et que du coup sa vie a changé, mais il ne baisse pas les bras pour autant, se lançant toujours des défis (UTMB 2008 en 35h00 par exemple).
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La course :
Comme prévu, départ très légèrement en dessous de 10km/h, le
premier tour permet de faire l’état des lieux de ce qui va être notre espace de vie pendant 24 heures, c’est assez « mixte » comme
terrain : du bitume, un peu de « sentier » et du sable. Coté paysage, il y a mieux, mais on est pas venu pour cela…Il fait beau, même chaud et lourd, je m’attends donc à souffrir
rapidement de cette « canicule » de 20-22°.
La stratégie alimentaire est simple, ravitaillement liquide tous les deux tours (le tour fait précisément 1003
mètres), grignotage tous les 20-30 minutes (sucré-salé), 1 gel tout les deux heures (à partir de la seconde heure) et un cachet de sporténine toutes les deux heures également. Je consommerais du
solide toutes les 4 heures, ici, il s’agira de pâtes, en légère quantité pour ne pas saturer l’estomac.
Dès deux heures de courses, j’ai les adducteurs qui commencent à siffler, je ne panique pas, je sais que cela
finira par passer. Quand les nuages se dissipent, le soleil cogne bien, et j’apprécie le passage sous les bois.
Je passe le marathon en 4h13 (de mémoire, je n’ai pas les résultats heure par heure), toujours dans l’allure
prévue, mais je sens que je vais payer l’addition dans la fin d’après-midi , donc je lève un peu le pied, attendant les heures fraîches de la nuit. Marc est parti plus vite, on se croise de temps
en temps, pour l’instant tout va bien, Fred joue son rôle d’assistant à merveille.
A 16 heures, les concurrents du « 6 heures » quittent l’arène, on commence à y voir un peu plus
clair, devant Stéphane Collard et Christophe Laborie tournent de concert, impressionnants, ces dames ne sont pas en reste et tournent également comme des avions (les 3 premières féminines sont
largement devant moi). Personnellement, j’accuse un peu le coup, les longs passages sur le bitume me font fumer des pieds (si si), je sens la chaleur qui remonte du revêtement …
J’avais misé sur un passage au 100km en moins de 11h00, ce sera fait en 10h37’57, soit (10 secondes de plus que
ma seule marque aux 100 km de St Nazaires-les-Eymes en 2007). Première étape très importante dans la course, je me dis que la moitié est fait (hé,
oui, je crois encore aux 200 km), maintenant je vais raisonner en terme de tranche de 10km.
Pour Marc, cela va moins bien, il se chope successivement des « hypo » puis des « hyper »,
son taux de glycémie fait le « yoyo » et cela finit par le casser un peu, et il est contraint à la marche, lui qui était 4éme depuis un bon moment.
Les 110 km seront passés en 12h15 (de mémoire), il fait nuit, je
retrouve la température qui me convient le mieux, nos amis du « 12 heures » nous ont rejoint dans notre ronde
endiablée.
Contrairement à Arcueil, je ne fais pas de « Cyrano », plus
précisément, je ne suis pas contraint à faire du « Cyrano », je ne marche que pour l’alimenter et m’hydrater, dans ces conditions, forcément, je vais plus vite que sur l’anneau de
400m.
Au milieu de la nuit, je me retrouve à faire quelques tours avec Maria, future victorieuse de l’épreuve, ce
bavardage me vaudra une chute (et une paume ensanglantée), une barrière m’ayant sournoisement fait un croche-patte.
Pendant ce temps-là, Marc a du se résigner à prendre un peu de repos, il est très déçu et s’en veut d’être
parti un peu vite. Fred va en profiter pour dormir un peu aussi dans la voiture, je vais donc me ravitailler seul pendant un moment, ce qui ne posera aucun problème.
La nuit se poursuivra sur ce même rythme, je n’ai aucune envie de dormir, si la fatigue s’installe petit à
petit, les douleurs des premières heures se font oublier (les endorphines font bien leur boulot !), une fois la barre atteinte des 160 km, je
commence à me dire que la fin est proche, il me reste 6 heures pour faire 40km, donc les 200 km en théorie toujours jouable, mais curieusement, je n’y crois pas. Cela ne me perturbe pas plus que
cela, je sais que je vais pouvoir au moins assurer les 190, et cela suffit à à mon bonheur.
Le jour finira pas se lever, Marc aussi, il veut absolument battre sa marque réalisée à l’automne, même si il
est loin de ses objectifs initiaux.
La fin de la course sera animée par la formidable remontée de Maria qui viendra chercher sa première place et
le record de l’épreuve d’une fort belle manière, quant à Stéphane Collard, il fera également un finish de folie pour atteindre les 243 km.
Quant à moi, je franchi la barre des 200km 25minutes avant le coup de feu final, je décide de stopper mon
effort et de finir en marchant tranquillement. Je téléphone à Géraldine, la rassure sur mon état, et lui dis quelle va pouvoir aller dans le resto de son choix, l’objectif du jour est
atteint.
La marque finale sera donc de 201.899km, soit 25.7 km de mieux
qu’a Arcueil (un peu plus d’un km/h de moyenne sur la durée de la course). Je finis dans un état physique correct, fatigué certes, mais à des années lumières de mon délabrement
post-Arcueil.
Il faut bien entendu remercier Mille Pattes, Christine et toute leur équipe qui font un boulot formidable, on
se sent en famille à St Fons…Et puis j’ai une pensée pour tous ces femmes et ces hommes qui se lancent sur se double tour d’horloge, que ce soit pour aller chercher une performance ou pour
marcher quelques heures, même si j’en connais très peu, je me sens très proche d’eux…
Mon dernier coup de chapeau ira à Marc, ce qu’il arrive à faire en étant diabétique est vraiment bluffant,
d’ailleurs sa devise est « diabétique, rien d’impossible ».
C'est sûr, je reviendrais faire un 24 heures, en essayant de confirmer ou de faire mieux si possible....
(photos à venir)